Né en 1079 dans le sud-est du Tibet, Gampopa est une des figures mythiques du bouddhisme tibétain. Engagé dans la vie monacale à l’âge de 26 ans, il devint rapidement un disciple talentueux du vénérable Milarepa, avant de fonder son propre monastère. Il excellait particulièrement dans la médecine et avait un don certain pour l’écriture et la transmission.

 » Au début, il faut être poursuivi par la peur de la mort, comme un cerf qui s’échappe d’un piège.

A mi-chemin, il ne faut rien regretter, comme le paysan qui a travaillé son champ avec soin.

 A la fin, il faut être heureux, comme quelqu’un qui a accompli une grande tâche »

Dans cette courte citation, Gampopa nous invite à reconnaitre les parfums d’une vie accomplie : fuyant la peur de la mort pour gagner la joie d’être en vie, oeuvrant notre existence avec soin jusqu’à ressentir le bonheur final d’avoir accompli quelque chose de juste et d’important.

Un baromètre intérieur.

Si nous hésitons parfois face à la pertinence de nos choix, c’est que nous ne nous connaissons pas encore suffisamment que pour prendre des décisions en accord avec notre être profond.

Qu’il soit manifeste ou enfoui sous un épais brouillard d’inconscience, nous possédons tous un précieux baromètre intérieur capable de nous aiguiller quant à la manière de nous diriger dans l’existence. Il y a au fond de chacun la source vibrante d’une sagesse universelle commune, qui fait que nous savons pertinemment ce qu’il conviendrait de faire, ce qui est juste ou pas… et qui finalement nous permet de ressentir si nous travaillons le champ de la vie avec soin ou avec mépris.

Ressentir les signaux du corps.

Notre baromètre s’exprime dans la matière à travers les signaux du corps. Soumi aux lois naturelles qui portent le vivant vers l’équilibre et la verticalité, le corps nous renvoie sans cesse de précieux indicateurs quant à la façon dont nous nous accordons ou pas à ce qui est bon pour nous. Si la douleur est la plus manifeste des sonnettes d’alarme, une émotion persistante, une tension dans la nuque, une insomnie, ou encore un trouble digestif, sont autant de manifestations que quelque chose ne nous convient pas, ne s’accorde pas avec notre nature.

Bien plus que de comprendre intellectuellement l’origine d’un problème ou de chercher à en modifier la source, il conviendra essentiellement, dès lors que l’on s’intéresse à des solutions s’accordant à notre nature profonde, d’affiner le ressenti de tout ce qui nous traverse.

La vie aime la vérité.

Nous sommes pareils à des Pinocchio face au mensonge, notre coeur gonfle et notre nez s’allonge. Ce n’est qu’au prix d’immenses efforts que nous parvenons temporairement à masquer la vérité aux autres, et sans jamais parvenir vraiment à nous convaincre nous-même. Notre corps, qui n’aime que la vérité, ne manquera d’ailleurs pas tôt ou tard de nous imposer ce que nous cherchons à fuir, sous forme de divers symptômes s’exprimant tant dans la chair que dans l’esprit.

Pour qui recherche un bonheur sincère (et qui donc pourrait dire que ce n’est pas là son souhait le plus profond, passé l’illusion de toute autre quête : avoir matériel, pouvoir ou renommée), il convient de chérir ce baromètre intérieur, de l’observer et de le dépouiller de tout parasitage, afin de s’y accorder de mieux en mieux et de plus en plus, comme une corde qui vibre juste dans l’orchestre de l’univers.

En cas de doute, posez-vous simplement la question qui vous habite, et comme devant le plus pur des miroirs, laissez venir la réponse à vous. Non pas celle du mental, qui souvent oeuvre à travestir la réalité tant il s’effraie d’un simple reflet, mais la réponse qui vient spontanément, comme une harmonique depuis le centre de la poitrine.

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