Ils sont nombreux les enfants qui ignorent tout des difficultés de la vie. En les ménageant, on ne les aide pas. Et même s’ils apprennent la théorie sur les bancs des institutions, ce n’est pas là qu’ils deviendront autonomes mais en se frottant aux réalités, en affrontant la douleur, la souffrance. Et en acceptant l’effort dans sa continuité.

Dominique Saatenang

Quand on dit que le kung-fu wushu est l’art de la guerre, cela signifie qu’il aide à combattre, il donne la hargne, la foi et permet de sauter les obstacles pour obtenir ce que l’on ambitionne vraiment. Mais la première guerre que l’homme doit gagner dans sa vie, c’est celle qu’il devra mener contre lui-même, contre ses peurs, ses timidités, sa paresse. tout ce qui peut l’empêcher d’être libre. En apprenant cette pratique ancestrale, j’ai intégré des valeurs humaines universelles. Apprendre à se protéger, c’est se mettre en capacité de de protéger l’autre et toute la société. La vie n’est que dualité, dont l’essentiel se résume à une phrase toute simple et que j’ai pu vérifier au long de mon parcours personnel et professionnel : donnez, et vous recevrez.

Dominique Saatenang

Je dis souvent que mon parcours de vie pourrait se résumer en 3 lettres : DVD, discipline, volonté, détermination. (…)

La discipline est contraignante. Mais peu à peu, elle devient comme un tuteur mental et physique, un cadre qui permet de s’épanouir, de s’exprimer. Nous vivons dans un environnement qui pousse à la facilité : personne ne veut souffrir pour obtenir quoi que ce soit. Et pourtant, on devrait se méfier de ce qui semble trop aisé : « ce qui est amer pour la bouche est bon pour le ventre, et ce qui est sucré pour la bouche est amer pour le ventre ». Encore une phrase de mon père, qui dit tout.

La volonté, personne ne peut en avoir à notre place. Certes, parents et éducateurs l’insufflent chez les enfants, comme mon père et ma mère l’ont fait en me poussant à travailler, à devenir acteur de ma vie. On peut provoquer des envies chez l’autre, de la curiosité, mais les choix importants nous appartiennent, nul n’est à même de décider ce qui est bon pour nous. Nous seuls le savons et sommes maîtres de nos efforts pour y parvenir.

Quant à la détermination, rien de difficile ne s’obtient sans elle. Tant qu’on a pas atteint notre but, il ne faut pas baisser les bras. Peu importent les embûches que l’on peut rencontrer, y compris la jalousie des autres qui n’est que le signe de leur incapacité à faire aussi bien que nous. Il y a toujours des solutions aux problèmes qu’on rencontre. Plus ou moins satisfaisantes, certes, mais qui nous permettent de prendre notre vie en main.

Dominique Saatenang

Dans : « Ouvre ta main et tu posséderas le monde« 

– Editions Robert Laffon

Résumé éditeur

 » Mon père voulait que je sois footballeur, je suis devenu le Bruce Lee africain  »

À onze ans, Dominique Saatenang quitte son village natal, au Cameroun, pour Douala, la grande ville, afin que ses talents de footballeur aient toutes les chances d’être repérés. Mais il y découvre l’univers de Bruce Lee – et c’est la révélation :  » Je veux faire du kung-fu « . Sa jeunesse sera un véritable parcours du combattant, mais jamais Dominique ne déviera de sa voie. Il part en Chine faire un stage d’un mois chez les moines Shaolin. Il y restera quatre ans, réussissant l’exploit d’être le premier Noir admis dans ce temple où l’apprentissage des arts martiaux est une philosophie de vie.

Aujourd’hui, l’ancien champion de kung-fu devenu le premier moine bouddhiste africain est l’ambassadeur itinérant du temple Shaolin à l’étranger. Revenu à la vie civile, celui que les Chinois surnomment  » l’Aigle noir  » a des milliers de disciples en France et en Afrique, où il a ouvert plusieurs écoles de kung-fu.

C’est cette success story, celle d’un destin exceptionnel, construit à la force d’une volonté farouche, qu’il retrace ici, nous faisant voyager de l’Afrique à la Chine, pont entre deux cultures qu’a priori tout oppose.
C’est aussi une leçon de sagesse à travers laquelle nous découvrons la philosophie Shaolin. Celle-ci imprègne chaque page de cette autobiographie, autant que la puissance d’un rêve d’enfant devenu la réalité d’une vie d’adulte.

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