Alice a 9 ans. C’est elle qui me masse à la maison, et elle apprend un peu le Shiastu avec moi. Elle aime prendre soin du monde, est capable de voir des lutins, et a naturellement les mains et l’intention qui conviennent pour toucher la vie. C’est elle qui a réalisé ce dessin, voici ce qu’elle dit de Yintang, le « hall du sceau de l’empereur » :

— J’avais remarqué que le 3ème oeil, on ne le voit pas. Il est invisible, mais il peut voir des choses invisibles.

— Comme quoi, par exemple ?

— Comme l’eau, si tu l’éparpilles un peu partout, on ne la voit pas, ou les fantômes, le vent ou les pensées… 

Yintang, la pièce du sceau

Si 361 points d’acupuncture sont précisément recensés au niveau des méridiens principaux, il en existe plusieurs centaines d’autres en dehors de ce circuit principal. Parmi eux, Yintang, Indo en japonais, est un de ceux que l’on transmet le plus rapidement aux étudiants.

On trouve Yin Tang exactement entre les 2 sourcils (sur le trajet du Vaisseau Gouverneur pour les initiés), une zone du corps qui correspond aussi au 6ème chakra dans la tradition indienne. C’est là que l’on positionne le Tika (lien wikipedia), cette pastille rouge symbolisant le troisième oeil de Shiva, dieu hindou cher aux yogis et qui possède la connaissance universelle. Les personnes qui portent le Tika marquent de cette manière l’importance de la dimension spirituelle de l’existence.

Yin-Tang associe les mots « pièce » (à comprendre en fermant les yeux et en imaginant un hall dans le palais de l’empereur) et « impression », ou « sceau ». Ensemble, ils font référence à la pièce où réside le sceau de l’empereur, un objet sacré qui marque le pouvoir de décision de celui que l’on considère dans la tradition chinoise comme le « fils du ciel ». Yintang incarne donc le pouvoir de décision sacré d’un empereur en connexion directe avec le ciel*.

pour en savoir plus sur la symbolique de ce point, voir par exemple cet article sur le site de l’UFPST – Union Francophone des Professionnels de Shiatsu Thérapeutique.

En Shiatsu ou en acupuncture, on utilise Yintang comme un important portail d’accès à l’esprit, pour y semer le calme, la clarté et l’ouverture nécessaire à une existence équilibrée et reliée aux mystères de la vie.

La nature des jeunes pousses !

C’est presque une lapalissade, mais tout le monde reconnait à l’enfance cette capacité à vivre le présent avec sensibilité. Cela fait partie de la nature intime de la vie qui stimule les nouvelles pousses à ouvrir en grand leurs portes pour apprendre et grandir. Cet apprentissage est à la fois du corps et de l’esprit, concret comme le développement de la marche, ou subtil comme ressentir le bruissement de la sève qui coule, dans les plantes, les êtres vivants et partout autour.

Les enfants correspondent magnifiquement à l’énergie du Bois en Médecine Chinoise. Le Bois, c’est le printemps qui se tend avec souplesse, curiosité et volonté vers le ciel. Chez le jeune enfant, pour peu qu’il ne soit pas freiné dans cet élan naturel par un environnement limitant, la vie coulera avec aisance, brassant les découvertes, les nouveaux projets, les accidents et les émotions – joie, peur ou colère – afin que la vie coule sans frein et livre chacun de ses parfums dans la construction de l’avenir.

Nous sommes nombreux à oublier ces sensations de l’enfance, et plus encore à chercher à les retrouver. En vérité, nous avons tous la capacité de renouer avec ce monde cher à notre âme. Il suffit d’inspirer le présent, et puis de l’expirer, et ainsi de suite sans réelle de raison de s’arrêter de vivre de cette façon. Essayez, et aidez-vous donc de Yintang pour le faire !

Alice et une deuxième version de son dessin.

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