Nos deux mains.

Un jour, j’ai essayé d’accrocher un tableau au mur. Ma main gauche tenait un clou et ma main droite le marteau. Ce jour-là, je n’étais pas vraiment en pleine conscience et, au lieu de frapper sur le clou, j’ai donné un coup de marteau sur mon doigt. Ma main gauche souffrait. Immédiatement, la main droite a posé le marteau et a commencé à prendre soin de la main gauche avec douceur et compassion, comme si elle prenait soin d’elle-même. Elle ne considérait pas cela comme un devoir. C’était très naturel : ma main droite agissait pour ma main gauche comme si elle agissait pour elle-même.

Thich Nhat Hanh

La vie est notre vraie demeure.

Votre vraie demeure est un espace que vous devez créer pour vous-même. Quand nous savons nous réconcilier avec notre corps, prendre soin de notre corps et relâcher les tensions de notre corps, alors notre corps devient une demeure confortable et paisible où nous pouvons revenir dans l’instant présent. Quand nous savons comment prendre soin de nos sentiments, quand nous sommes capables de générer la joie et le bonheur et d’embrasser un sentiment douloureux, nous pouvons créer et retrouver un foyer heureux dans l’instant présent. Et quand nous savons générer les énergies de compréhension de compassion, notre demeure pour devenir un lieu très confortable, très agréable, où nous pouvons prendre refuge. Mais si nous n’en sommes pas capables, nous ne voudrons par rentrer à la maison. Avoir un chez soi n’est pas quelque chose à espérer, mais à cultiver ; la demeure est le chemin.

Thich Nhat Hanh

Le travail.

Beaucoup d’entre nous sont si occupés et travaillent tellement qu’ils n’ont pas le temps de vivre. Notre travail peut prendre toute une vie. Peut-être même sommes-nous dépendants de notre travail, non parce que nous avons besoin d’argent, mais parce que nous savons pas faire face a la souffrance et la solitude qui sont en nous; alors, nous prenons refuge dans notre travail. Il y a des moments où nous ne savons pas quoi faire de notre solitude, de la douleur et du désespoir de notre cœur. Vous cherchons quelque chose pour les recouvrir. Nous regardons nos e-mails, nous prenons le journal, nous écoutons les actualités, nous faisons n’importe quoi pour oublier notre solitude et notre souffrance intérieures. Notre corps est agité, notre esprit est agité, nous savons pas quoi faire. Nous essayons de nous asseoir mais c’est comme si nous nous asseyions sur des charbons ardents. Et quand nous sortons marcher c’est comme si nous marchions sur du feu.

Quand l’énergie de l’agitation ce manifeste, nous devons reconnaitre ce qui se passe et dire : « Bonjour, mon agitation. Je sais que tu es là. Je vais bien prendre soin de toi ». Puis nous commençons à pratiquer la respiration en pleine conscience et nous ramenons notre esprit à notre corps. Quand le corps et l’esprit sont réunis et que vous êtes établis dans l’ici et maintenant, vous pouvez entrer en contact avec la vie et prendre soin de vos sentiments. La nature se révèle alors, avec toutes ses merveilles.

Thich Nhat Hanh

Cultiver des laitues.

Quand vous plantez des laitues, vous ne les grondez pas si elles ne poussent pas bien. Vous essayez de comprendre ce qui ne va pas. Peut-être ont-elles besoin d’engrais, d’un arrosage plus fréquent ou de moins de soleil. Vous ne faites jamais de reproches aux laitues. Pourtant, quand nous avons des problèmes avec nos amis ou notre famille, nous avons tendance à faire des reproches. Mais quand nous savons prendre soin des autres correctement, ils se développent bien, à l’instar des laitues. Cela n’apporte rien de positif de faire des reproches, ni même d’essayer de persuader l’autre de changer en le raisonnant ou en se disputant. C’est mon expérience. Pas de reproches, pas de raisonnement, pas de disputes ; juste de la compréhension. Lorsque vous comprenez et que vous montrez que vous comprenez, vous pouvez aimer et n’importe quelle situation difficile s’améliorera.

Thich Nhat Hanh

« La terre est ma demeure« 

Editions Belfond

Résumé éditeur

À travers le récit des épreuves qui ont jalonné sa vie, de son exil forcé du Vietnam, son pays natal, à son combat aux côtés de Martin Luther King pour les droits civiques, Thich Nhat Hanh, le grand maître du bouddhisme, nous révèle son parcours d’artisan de la paix et nous livre un récit très émouvant et plein d’espérance.

Comment, lorsqu’on a vécu l’exil, se sentir chez soi quelque part ? Pour Thich Nhat Hanh, la réponse est simple : le vrai chez-soi ne dépend ni de la géographie ni de ceux qui nous entourent. Le vrai chez-soi, c’est l’instant présent. Dans La Terre est ma demeure, récit autobiographique, le sage se dévoile et évoque tour à tour son rapport à la pauvreté et au dénuement, à la guerre et à l’exil, et la création du village des Pruniers, la communauté dans laquelle il prodigue ses enseignements.

Le site du monastère des pruniers : https://villagedespruniers.net/

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