La Médecine Chinoise offre un paradigme de poids en matière de santé. On peut même dire qu’elle est la seule voie alternative en usage à l’échelle planétaire vis-à-vis de la Médecine Occidentale. Forte d’une continuité millénaire, tant théorique que pratique, et d’un système de pensée complet embrassant l’ensemble des dimensions de la vie, la Médecine Chinoise excelle notamment en matière de prévention et de chronicité, deux aspects embryonnaires sur le versant Occidental, qui quant à lui excelle plutôt dans l’aigu, l’urgence et le palliatif. 

Dans l’introduction de son ouvrage « Précis de Médecine Chinoise », Eric Marié nous livre une réflexion pertinente sur le modèle médical occidental en proie à une crise manifeste de confiance et tenu en échec par les épidémies inhérentes à notre mode de vie (stress, diabète, hypertension, cancer…). Nul doute que ce modèle, s’il persiste à subordonner son progrès à des contraintes idéologiques et économiques, finira par perdre de vue l’essentiel : sa capacité à aider l’être humain à exister en pleine possession et conscience de ses moyens. Souhaitons donc que le meilleur de ces deux mondes que l’on a trop tendance à opposer finisse par trouver la sage voie de l’équilibre et de la coopération ! 

Extrait

D e nombreuses études montrent qu’une proportion importante et croissante de la population a recours, de façon régulière ou ponctuelle, à des méthodes de traitement qui sortent du cadre de la médecine conventionnelle. On peut évoquer un certain nombre de facteurs pour justifier ce phénomène.

Autrefois, l’autorité du médecin n’était jamais contestée car les patients ne pouvaient pas accéder facilement aux informations scientifiques ou médicales permettant de remettre en cause son jugement. Le professionnel de la santé exerçait seul la responsabilité du traitement et de ses modalités par une sorte de délégation de pouvoir implicite sur le corps de ses malades. Le développement exponentiel des moyens d’informations et leur démocratisation, notamment par l’accès à Internet, ont modifié l’attitude intellectuelle et psychologique du public face aux questions de santé et l’ont amené, lorsqu’il se trouve face à la maladie, à explorer des pistes souvent inconnues de son médecin. D’autre part, les scandales qui ont, ces dernières années, éclaboussé les instances françaises de la Santé publique au plus haut niveau, le caractère impersonnel et essentiellement technologique de la médecine moderne, son manque d’ouverture, pour ne pas dire son ignorance quant aux autre systèmes thérapeutiques, ont accéléré terre émancipation du public. Il est aujourd’hui fréquent qu’un patient, dans le cadre spécifique de sa pathologie, connaisse mieux les diverses possibilités de soins et la façon pratique d’y accéder que le médecin qu’il consulte, lequel, malgré son savoir médical indiscutablement plus étendu, est souvent incapable d’exercer un jugement objectif ni même d’exprimer un conseil quant à des solutions alternatives au protocole thérapeutique normatif qui lui a été enseigné. Il s’ensuit une rupture de communication entre le soignant et le soigné, ce dernier décidant, en dernier recours, de suivre la thérapeutique qui lui paraît la mieux adaptée, très souvent sans en informer son médecin.

C’est une situation regrettable qui conduit le patient à expérimenter des traitements hasardeux ou simplement incompatibles entre eux, voire à s’engager dans l’automédication. La méfiance ressentie par une partie de la population envers le corps médical est une réaction compréhensible mais globalement excessive : la plupart des professionnels de la santé sont des praticiens consciencieux et compétents et le recours à des médecines complémentaires mal identifiées, exercées par des personnes aux qualifications diverse, n’est pas un progrès en soi.

En fait, la majorité des usagers reconnaissent que la médecine occidentale moderne a réalisé des progrès remarquables et inégalés dans de nombreux domaines, mais ils n’acceptent plus que des instances inaccessibles, qu’elles soient politiques ou médicales, choisissent pour eux comment ils doivent être soignés ; ils souhaitent pouvoir se diriger, de leur propre initiative, vers les méthodes thérapeutiques qui leur semblent efficaces, compte tenu de leurs pathologies et de leurs affinités personnelles, fussent-elles subjectives. Le problème posé, en termes de santé publique, consiste donc à diversifier l’offre de soin en élargissant le champ des pratiques thérapeutiques.

« Précis de Médecine Chinoise « 

Professeur Eric Marié

Editions Dangles

Résumé éditeur

« La médecine chinoise, issue de théories très anciennes, s’est transmise pendant plus de 2000 ans avec une remarquable continuité. Médecine d’État en Chine, intégrée à l’enseignement universitaire et à la pratique médicale dans de nombreux pays, elle constitue un patrimoine d’une richesse exceptionnelle. Fondée sur une conception de l’interaction entre l’être humain et son environnement, elle s’est aujourd’hui répandue dans le monde entier.

Le Professeur Éric Marié pratique et enseigne cette discipline depuis de nombreuses années, aussi bien en Chine que dans le monde occidental. Il nous présente ici un ouvrage, à la fois rigoureux et accessible, érudit et concis, théorique et pratique qui donne accès à l’essence de la médecine chinoise de façon progressive et structurée. (…) »

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