– 1er mai 2019 –

« Je me souviens souvent de cette histoire que mon papa me racontait, une de ses premières rencontres avec le bouddhisme qui allait par la suite guider le reste de sa vie. Des amis vietnamiens l’avaient invité à la « fête de funérailles » de la grand mère. Le mot fête l’avait déjà surpris, mais il fut plus interpellé encore par l’attitude des personnes présentes. Lui qui avait l’habitude d’associer la mort à des mines tristes et graves, il partageait là des moments plutôt joyeux et évidents, où l’on se remémorait les bons moments de cette grand-mère qui avait vraisemblablement marqué les esprits de sa gentillesse.

Dans le bouddhisme, on considère la mort comme la conséquence naturelle et normale de la naissance. C’est un processus de transformation révélant de manière magistrale l’impermanence de toute chose, dont l’issue dépend en grande partie de la qualité de nos actions passées. Ainsi, il était naturel pour cette famille vietnamienne de se réjouir des bonnes actions passées de la grand mère. Ils en avaient tous bénéficié, y compris les oiseaux qu’elle avait à cœur de nourrir régulièrement, et elle-même, dont le corps était usé, allait à présent cueillir les fruits mûrs de la bienveillance dont elle avait teinté sa vie.

Nous n’avons pas l’habitude de nous poser de vraies questions au sujet de la mort, tant souvent notre finitude nous est inconcevable et que sur le moment nous nous laissons submerger par les émotions. Pourtant, dans la nature, la mort est un processus aussi évident qu’indispensable. La matière, en se libérant des liens qui en figent la forme, permet à la vie une transformation profonde et impossible sans cela. Prendre la pleine mesure de notre finitude nous permet d’être chacun plus présent et attentif à ce qui importe vraiment dans notre vie. Prenons le temps de faire un peu plus de la place à cette réalité qui accompagne la vie comme l’envers de l’endroit. Posons nous de vraies questions, et observons à quel point prendre conscience de la mort donne de la hauteur et impose du sens à ce que nous faisons de notre présent. Personnellement, je suis convaincu que le développement de cette conscience supplante en qualité et résolution toute autre démarche, politique ou autre. Elle nous permet de peu à peu dépasser la peur et l’avidité qui agitent souvent nos existences et nous poussent à agir de manière contre productive, autant sur le plan individuel que collectif. La mort fait partie d’une écologie intérieure.

Mon papa est parti hier matin. Il était moine bouddhiste et vivait dans un monastère thaïlandais depuis plus de 17 ans. Je me sens un peu triste, mais aussi joyeux et porté par la force, la qualité des liens et des enseignements qu’il m’a partagés. Puisse cette histoire également vous inspirer face à cet événement inévitable qui découle de la nature de la vie.

Nicolas Poloczek

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